ITINÉRAIRE BOIS EN LOT-ET-GARONNE

RÉHABILITATION DE LOGEMENTS COLLECTIFS À AGEN : RÉNOVATION THERMIQUE PAR FAÇADES RIDEAUX EN BOIS

L’office public Agen Habitat lance en 2016 un vaste projet de réhabilitation de la cité Lalande, située au nord-est d’Agen. La cité est composée de 6 immeubles pour un total de 78 logements sociaux collectifs. Les architectes Denis POMPEY et Patrick TEDO, maîtres d’œuvre du projet, répondent par un programme ambitieux adossé à l’utilisation du bois. Ce programme concerne la rénovation énergétique, l’amélioration de la qualité de vie des locataires et la mise aux normes des installations techniques. L’entreprise de charpente Cabirol est chargée de la fabrication et du montage des façades en bois (murs rideaux et ITE, isolation thermique par l’extérieur), soit 16 mois de chantier en site occupé.

Sur les 34,5 millions de logements que compte la France en 2016, plus de 60 % ont été construits avant 1975, date d’application de la première réglementation thermique. Ces logements consomment 2 à 7 fois plus d’énergie au m² que des logements plus récents. Ces données montrent toute l’importance de l’enjeu de la rénovation énergétique du parc immobilier français. L’objectif du Plan de rénovation énergétique des bâtiments est d’accélérer, par des incitations fiscales, « la rénovation des bâtiments énergivores et mal isolés en faisant de la rénovation énergétique une priorité nationale ». En France, les bâtiments représentent en effet 46 % de la consommation nationale d’énergie finale. Le bois, matériau renouvelable et durable, peut être une bonne solution, rapide et performante, pour la rénovation thermique des bâtiments.

Diagnostics technique et thermique des bâtiments et logements existants

Dans le cadre des Itinéraires Bois du CODEFA, en septembre dernier à Bon Encontre, dans le Lot-et-Garonne, une visite guidée d’un chantier en cours est organisée pour mieux illustrer les enjeux de la rénovation thermique et du bois dans la construction : la cité Lalande. Construite en urgence entre 1965 et 1967, la cité devait accueillir les rapatriés d’Algérie. Elle est composée de pavillons individuels privatifs en bande et de 78 logements répartis en 6 immeubles d’habitations collectifs locatifs. Ces derniers, classés « E » en énergie et « F » en émission de gaz à effet de serre, sont les seuls concernés par l’opération de réhabilitation. L’isolation thermique des bâtiments (murs, combles et sous-sols) est à l’origine inexistante. Les murs des façades en plaques de fibrociment amianté et la toiture sont en mauvais état. Seule la structure porteuse peut être conservée. Les par ties communes sont à rafraichir et les installations techniques, des bâtiments et des logements, sont à remettre aux normes (électricité, eau, gaz, téléphonie). Les logements sont quant à eux humides en l’absence de VMC et les installations sanitaires vétustes. Les portes palières et fenêtres n’apportent pas la sécurité et l’isolation thermique et acoustique nécessaires. Une réhabilitation s’impose.

Le programme des travaux de réhabilitation

Le projet de la cité Lalande s’inscrit dans un programme ambitieux d’amélioration du confort des logements (réfection des logements, de l’installation électrique, des réseaux d’eaux et des cages d’escaliers) et d’économies d’énergies visant l’amélioration de la qualité de vie et la réduction des charges des locataires. Les façades rideaux rapportées (ossature bois et ITE) préfabriquées en atelier, viennent fermer l’enveloppe du bâtiment et agrandir, au niveau des anciens balcons, la surface des chambres et des séjours. Les surfaces habitables des logements augmentent ainsi de 20 % en moyenne selon le type de logement. Les augmentations de loyers dues à la réhabilitation thermique, de 50 euros en moyenne, sont équilibrées avec la réduction des charges de chauffage.

Les travaux d’économie d’énergie (isolation des toitures et chéneaux, isolation thermique de l’immeuble par l’extérieur avec habillage des pignons type vêture et création de nouveaux murs isolés en façade et remplacement des chaudières et de certaines menuiseries extérieures) permettent ainsi d’atteindre les niveaux d’exigences de la RT 2012 avec des économies mensuelles de chauffage compris entre 36 et 69 euros selon le type de logement, soit une économie de moitié à l’année. Les résultats attendus après travaux sont de classe « B » en énergie et « C » en émission de gaz à effet de serre. Le coût total estimatif de l’opération s’élève à 5 millions d’euros hors taxe, soit un ratio de 65 000 euros par logement.

Du bois industriel sur-mesure

Les cotes des ossatures et des contre ossatures bois des 6 immeubles sont prises en amont sur site. Le calepinage est donc réalisé sur-mesure pour s’adapter à l’existant. Tous les débit et montage des modules sont faits en atelier pour n’avoir que la pose des isolants et des bardages à réaliser sur site. La structuration des façades est identique, elle se compose de trois modules verticaux d’ossature bois allant du sol au toit isolés par de la fibre de bois de 145 mm et par 22 mm d’un panneau rigide en fibre de bois faisant fonction de pare-pluie. Des compléments d’allèges ou de linteaux entre chaque module sont également conçus pour gérer toutes les contraintes techniques des façades, notamment au niveau des menuiseries. Des adaptations sont faites sur les immeubles en R+2 qui n’ont pas la même configuration structurelle que les R+1.
Les bardages ont trois reliefs différents : des panneaux stratifiés compact composite bois-résine et des panneaux de type clin stratifié, fixés sur des contre ossatures. La rapidité de chantier par la préfabrication des modules d’ossature bois permet un temps de pose réduit sur site occupé.

Retrouvez l’intégralité du communiqué : CODEFA4-Itinéraire-Agen (176 Ko)

We use cookies to deliver you the best experience. By browsing our website you agree to our use of cookies. Learn More